SA SAINTETÉ LE PAPE FRANÇOIS


 
 
 

 

Déclarations sur la situation politique en RDC

jeudi 4 janvier 2018


COMMUNIQUÉ DE LA NONCIATURE APOSTOLIQUE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Devant certaines informations, reportées sur les réseaux sociaux, et certaines déclarations de plusieurs autorités politiques et religieuses, la Nonciature Apostolique a le devoir de rappeler à l’opinion publique congolaise que le Code de Droit Canonique (la loi fondamentale de l’Église Catholique) garantit à chaque baptisé catholique de se constituer en association et de promouvoir des initiatives qui soient en harmonie avec la mission de l’Église.

Contrairement à ce qu’il en est dans d’autres organisations et sociétés, aucune autorisation préalable n’est demandée pour l’exercice de ces droits. Mais, il est de la compétence de l’autorité ecclésiastique du lieu de résidence des fidèles d’être attentifs à ce que l’activité des fidèles et de leurs associations reste conforme à la Foi et à la Doctrine de l’Église.

La promotion de la justice sociale et de la défense des droits civils et politiques des citoyens fait intégralement partie de la Doctrine Sociale de l’Église.

Dans le cas de l’initiative promue par le C.L.C (Comité Laïc de Coordination) à Kinshasa, l’unique autorité ecclésiastique compétente pour juger de la conformité d’une telle initiative avec la Doctrine de l’Église était de l’Archevêque de Kinshasa.

Cette Nonciature Apostolique a été formellement informée par les membres du « CLC » sur leurs intentions. La Représentation Pontificale, comme il est de son devoir, a opportunément communiqué la nouvelle à ses Supérieurs de la Secrétairerie d’État de Sa Sainteté. Toutefois, on ne pouvait pas s’attendre à une quelconque réaction du Saint Siège, car il est de règle dans l’Église de respecter ce qui est de la compétence des Évêques diocésains. Par conséquent, aucune approbation ou condamnation n’a été émise par le Saint Siège, et il ne faudra aucunement en attendre dans le futur.

Kinshasa, le 2 janvier 2018

DÉCLARATION DU CARDINAL LAURENT MONSENGWO EN MARGE DE LA MARCHE DU 31 DÉCEMBRE 2017

Chers frères et sœurs,

Ce n’est plus un secret pour personne que le climat du pays en général et de la capitale en particulier est caractérisé par un regain de peur et d’énervement, d’incertitude sinon de panique.

Nous sommes témoins d’incidents malheureux survenus le dimanche 31 décembre 2017 lors de la marche pacifique et non violente organisée par le comité laïc de coordination, dans le but de réclamer l’application réelle de l’Accord politique global et inclusif du Centre Interdiocésain de Kinshasa (Accord de la Saint-Sylvestre), accord violé volontairement. Ceci crée un malaise socio-politique que traverse notre cher et beau pays, la RD Congo (cf. Message de l’Assemblée plénière extraordinaire des Évêques de la Cenco, 24 novembre 2017).

Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie. Nous en voulons pour preuves : le fait d’empêcher les fidèles chrétiens d’entrer dans les églises pour participer à la messe suivant l’ordre reçu d’une certaine hiérarchie militaire, le jet de gaz lacrymogène pendant la célébration eucharistique dans les différentes paroisses de Kinshasa, le vol d’argent, d’appareils téléphoniques, la poursuite, la fouille systématique des personnes et de leurs biens dans l’église et dans les rues, l’entrée des militaires dans les cures de quelques paroisses sous prétexte de rechercher les semeurs des troubles, les tueries, les tirs à balles réelles et à bout portant sur des chrétiens tenant en mains bibles, chapelets et crucifix, les arrestations des prêtres et fidèles, etc.

Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques et fiables. Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo.

Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ? Comment ferons-nous confiance à des dirigeants qui bafouent la liberté religieuse du peuple, liberté religieuse qui est le fondement de toutes les libertés (cf. Benoît XVI, Liberté religieuse, chemin vers la paix) ?

Le sait-on, la liberté religieuse est un élément essentiel de l’État de droit, on ne peut la nier sans porter atteinte à tous les droits et aux libertés fondamentales. L’instrumentation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anticonstitutionnelles, peut provoquer et provoque des dommages énormes aux sociétés, en l’occurrence la nôtre.

Nous voulons un Congo des valeurs et non d’antivaleurs.

Puisse le Seigneur accorder à notre pays une paix durable dans la justice et la vérité, et à nos morts pour la liberté, le salut éternel.

 


MISE AU POINT ET INDIGNATION DE LA CENCO RELATIVES A LA MARCHE DU 31 DÉCEMBRE 2017 ORGANISÉE PAR LE COMITÉ LAÏC DE COORDINATION DE L’ARCHIDIOCÈSE DE K

1. L’annonce de la marche du 31 décembre 2017 par le Comité Laïc de Coordination (CLC) de l’Archidiocèse de Kinshasa, a suscité dans certains médias une campagne d’intoxication visant à semer la division au sein de l’Épiscopat. Les propos de certains évêques membres de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et du Nonce Apostolique ont été délibérément déformés leur faisant dire d’avoir condamné l’initiative de cette marche à Kinshasa et dans certains diocèses. Ce qui n’est pas vrai. En vérité, les diocèses qui n’ont pas relayé cette marche ne l’ont pas pour autant désapprouvée.

2. La CENCO dénonce vigoureusement cette pratique d’instrumentalisation et cette manœuvre de diviser l’Épiscopat. Elle rassure l’opinion que les évêques de l’Église famille de Dieu en RDC restent solidairement unis en ce moment difficile que traverse notre pays.

3. À propos de la dite marche, la CENCO est profondément choquée par les actes ignobles qui s’en sont suivis. Elle déplore l’atteinte à la vie humaine et présente ses condoléances aux familles des victimes innocentes. Elle condamne l’atteinte à la liberté de culte garantie dans tout État démocratique, la profanation de certaines églises et l’agression physique des fidèles dont les servants de messe et les Prêtres.

4. La CENCO condamne avec la dernière énergie le recours à la violence par certains agents de l’ordre, violence non justifiée qui a occasionné la mort d’hommes. Nous le rappelons, la vie humaine a un caractère sacré et inviolable. Aussi, la CENCO demande-t-elle une enquête sérieuse et objective pour établir les responsabilités sur les pertes en vie humaine et les agressions physiques.

5. La CENCO saisit cette occasion pour rappeler à tous les compatriotes que l’unique voie pacifique de sortie de cette crise artificielle c’est la mise en œuvre intégrale et complète de l’Accord de la Saint-Sylvestre qui, en dépit des graves entorses subies, demeure d’actualité.

Fait à Kinshasa, le 02 janvier 2017

Fridolin AMBONGO BESUNGU
Archevêque de Mbandaka Vice-Président de la CENCO

Marcel UTEMBI TAPA Archevêque de Kisangani
Président de la CENCO

 

 

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